Jean-pierre Angei - photographe | Projets

Ephéméride

Ephéméride

2017年03月23日



Ne sachant pas skier, j ‘ai été amené à passer une semaine en montagne, dans une station des Alpes, et j’étais très loin de l’engouement des skieurs à dévaler les pentes pour le pur plaisir de la glisse. Je suis moi, rentré dans l’observation tel un explorateur découvrant un nouveau monde avec une nouvelle architecture d’espace à découvrir.


J’ai pratiqué moi aussi une forme de glisse grâce aux télécabines pour suivre ceux d’en bas. Dans cet espace où la grandeur naturelle est en partie marquée par l’homme, il y a là une sorte de tragédie du paysage, une cartographie contre cartographie. L’homme atteint des sommets dans la réorganisation d’un paysage. Je suis un badaud qui survole ces paysages avec et grâce aux téléphériques. Mon but n’est pas d’atteindre des sommets sans le moindre effort physique, mais de me perdre dans un voyage où la pensée se prend à rêver, où l’infiniment grand et infiniment petit se mélangent.


Des visages des figures

Des visages des figures

2011年04月12日

Les liens profonds noués pendant toute cette longue vie commune avec des succès et des échecs nous ont « soudés » et ces liens se poursuivent encore aujourd’hui après 20 ans de fermeture de l’usine au travers de l’association des Anciens de Lustucru qui permet aux anciens de se retrouver dans cette chaleur humaine que la vie et l’action ont tissée.


Marie Claire Abric.

Délocalisation

Délocalisation

2012年03月05日

Dans ces lieux récemment vidés de leur contenu, le temps s’est emparé d’un espace avec ses vides et ses pleins.
La modification de l’espace est réorganisée une fois les personnes et les objets retirés, je m’applique à photographier une nouvelle représentation de notre passage et le modelé de matière accumulé au fil des ans qui fixe de son empreinte l’écoulement du temps.
L’avant et l’après sont côte à côte sur une même surface.
Comme référence dans le travail de Claudio Parmiggiani « Delocalzione » le déplacement et le temps engendrent une nouvelle image.

Entre-deux

Entre-deux

2012年04月03日

Ces photographies commencent par ce moment où nous faisons le  choix d’apprendre à notre regard une autre façon d’être.Prises à l’intérieur d’une prison pour hommes, chacune d’entre elles est le portrait d’un homme incarcéré et pourtant rien ne laisse le pressentir. Je les regarde. S’y entremêlent la lumière et l’obscur. Comme si nous caressions les pourtours de ces corps pour n’en laisser apparaître que leur enveloppe douce. Avec tendresse, chaque photographie raconte des êtres qui sont, qui ont été, qui seront, comme s’il avait été question de tenter de peindre le mouvement d’une flèche tirée dans le temps.C’est un peu comme si l’on avait tenté de saisir le trait de lumière qui esquisse sur un mur l’ombre d’un corps, le visage d’un homme.Ce qui est à montrer ce n’est plus celui qui resplendit dans la netteté.Mais les contours, les pourtours charnels d’une présence qui est LA. Une esquisse d’un être dans tout ce qu’il recèle de lumineux. J’aime ces corps, aquarelles de pixels, dont mon regard en invente les visages, en invente les sourires, en invente les yeux qui se ferment pour pleurer et les mains qui se serrent dans les poches pour continuer à tenir. Mes yeux les contemplent et redonnent à chacun la gorge déployée sous le coup du rire. Voilà ces visages que je voudrais donner à la douceur, la simplicité du bonheur. Le bonheur ne se représente pas, il s’évoque dans le moelleux du vaporeux.


Magali Mougel

L-envol

L-envol

2014年06月17日


"Madame Grès disait : « Je voulais être sculpteur. Pour moi, c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre ».

Au départ c‘est par la sculpture que j’ai approché le travail de la styliste modéliste Catherine Valentin.Dans son atelier Catherine trace, coupe, assemble, épingle, pique, surpique, drape, retouche cette matrice faite de Tweed, mohair, lin, drap de laine natté serré, taffetas, crêpe de soie et bien d’autre jacquard pour donner vie à un ensemble de pièce unique. Je n’ai pas cherché à photographier un produit mais à mettre en évidence un caractère, une singularité propre à chaque vêtement. Quand je photographie une personne j’essaie de capturer un instant d’abandon, de fragilité car je pense que c’est dans cette fragilité que ce trouve un lien humain universel. Pour ces portraits de vêtements, j’ai donc cherché à supprimer une fonctionnalité. Dans mon studio je les regarde suspendus devant leur propre matière et là un dialogue silencieux, cérémonieux fait de gestes s’installe, j’arrange un col, une manche, un volume par ci, un creux par là, je plie, je caresse, je lisse, je scrute, il tourne sur lui même, je photographie, je cherche là aussi ce moment juste, ou il se donne dans sa fragilité.

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